Photographes de l’espace

Images uniques des cosmonautes Oleg Kotov et Sergey Ryazansky

Les photographes sont de toutes sortes : de mode, de mariage, d'intérieur, de reportage, épatants... Et il y en a de cosmiques. Dans tous les sens du mot. Pour le grand projet international «L'Homme et le cosmos : art, science, culture» deux cosmonautes, deux héros de la Russie — Oleg Kotov et Sergey Ryazansky — ont partagé avec notre galerie les secrets de la photographie spatiale et des clichés uniques pris depuis la Station spatiale internationale. Leurs images extraordinaires sont devenues le fondement de l'exposition photographique «28 000 km/h», qui se tiendra dans le sud de la France du 26 avril au 6 mai 2018.

Photo-faits cosmiques:

- L'ISS parcourt son orbite à 28000 km/h, soit près de 400 kilomètres en un clignement d'œil humain, ou 220 fois plus vite qu'un vent d'ouragan.

- Il n'y a que 20 secondes pour photographier un objet qui a attiré l'attention. Dans ce laps de temps, il faut saisir l'appareil, viser et déclencher.

- La nébulosité et la trajectoire de vol imposent certaines limites, si bien que certains des objets les plus curieux restent tout simplement inaccessibles pendant trois ans.

- L'ISS se déplace avec une inclinaison de 51,6 degrés. Dans ces conditions, on ne peut photographier correctement que les objets situés dans les 55 degrés de latitude nord (ou sud). Tout ce qui se trouve au-delà n'est visible qu'à très fort agrandissement et fortement «de profil».

- D'un point de vue artistique, le plus grand problème de la photographie spatiale est l'impossibilité de conférer une tridimensionnalité à toutes les images.

- Les touches discrètes et le relief unique, accessibles à l'œil des cosmonautes, peuvent être moins perceptibles sur la photographie. C'est pourquoi la prise de vue se fait souvent par les hublots latéraux, ce qui produit l'effet recherché, mais suscite immanquablement chez le spectateur la question : «N'est-ce pas pris depuis un avion ?»

Sergey Ryazansky: «Souvent, lorsque je parle des difficultés de la préparation des cosmonautes, des vols spatiaux et du travail à bord de l'ISS, je comprends que je ne peux pas exprimer par des mots tout ce qui m'emplit là-haut. Comment expliquer à quelqu'un qui n'a jamais mangé de bonbons ce qu'est le «sucré» ?! On ne peut que le goûter. Il en va de même pour le cosmos. C'est la beauté à l'état absolu, dont nulle mesure n'existe. Impossible de la concevoir et de l'embrasser sans l'avoir vue. En choisissant les photographies pour cette exposition, je tenais beaucoup à montrer les paysages multiples et multifacettes de notre planète extraordinaire. J'ai très envie de partager un regard extra-terrestre sur la beauté terrestre, qu'on ne peut rendre par des mots et qui nous attire encore et encore à tendre vers le vol. Partager avec le spectateur ce qu'il ne pourra probablement jamais voir de ses propres yeux par un hublot, mais qu'il peut regarder par les miens, ici et maintenant.» FACEBOOK, INSTAGRAM @ SergeyISS

Oleg Kotov: «Photographier depuis l'espace est un art qui demande non seulement de l'inspiration, mais aussi de la patience. Par exemple, on a envie de trouver et de photographier Jérusalem. La station ne survole pas la ville tous les jours. Il faudra peut-être attendre un mois que l'occasion se présente. De plus, le temps de survol de chaque portion de terre ferme - 20 secondes. En ces secondes, il faut trouver, voir, reconnaître, photographier. Une véritable chasse photographique !»

Evgenia Plokhikh, 

Directrice PR de la galerie "KVARTIRA S"